Deux membres du groupe de cybercriminalité Scattered Spider ont été condamnés à cinq ans et demi de prison pour avoir mené la cyberattaque de 2024 contre Transport for London (TfL), une intrusion qui a perturbé les services, exposé les données des clients et entraîné environ 29 millions de livres sterling (39 millions de dollars) de coûts de récupération. Thalha Jubair, 20 ans, et Owen Flowers, 18 ans, ont été condamnés devant la Cour de la Couronne de Woolwich après avoir plaidé coupable auparavant à des infractions relevant de la loi britannique sur l’utilisation abusive des ordinateurs.
Selon les procureurs, le duo a compromis les systèmes de TfL entre le 31 août et le 3 septembre 2024, utilisant des techniques d’ingénierie sociale pour accéder au réseau interne de l’organisation. Les enquêteurs ont indiqué que les hackers avaient obtenu de nombreux privilèges dans l’environnement, leur permettant d’accéder à des systèmes sensibles avant que TfL ne ferme certaines parties de son infrastructure pour stopper l’attaque.
Cette violation a perturbé plusieurs services numériques utilisés par le réseau de transport public londonien. Les clients ont rencontré des problèmes avec les services de cartes Oyster, les comptes en ligne et les réservations en mode Dial-a-Ride, tandis que des milliers d’employés ont dû réinitialiser leurs identifiants. Les autorités ont également confirmé que des informations personnelles appartenant à des milliers de clients ont été compromises lors de l’incident.
Les preuves présentées au tribunal ont montré que Jubair a diffusé en direct des parties de l’attaque pendant que Flowers regardait à distance, des enregistrements ayant ensuite été récupérés par les enquêteurs. Les procureurs ont déclaré que les deux hackers avaient passé de longues heures à effectuer cette intrusion depuis leur domicile familial et auraient pu causer des perturbations encore plus importantes si TfL n’avait pas déconnecté les systèmes affectés de son réseau.
Flowers a également admis avoir eu des cyberattaques distinctes visant les organisations de santé américaines SSM Health et Sutter Health. Les procureurs ont indiqué que les enquêteurs avaient récupéré des preuves supplémentaires le liant à ces intrusions, notamment des enregistrements et des données trouvés sur des appareils électroniques saisis.
La National Crime Agency a décrit l’affaire comme l’une des enquêtes sur la cybercriminalité les plus complexes menées au Royaume-Uni. Les responsables ont indiqué que le ministère public démontre que les individus impliqués dans des cyberattaques très médiatisées peuvent être identifiés et traduits devant les tribunaux, même lorsqu’ils agissent au sein de groupes de hackers vaguement organisés comme Scattered Spider.