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La Virginie-Occidentale poursuit Apple pour un prétendu manquement à traiter les contenus d’abus sexuels sur enfants

L’État de Virginie-Occidentale a intenté une action en justice contre la société technologique Apple Inc. en février, accusant la société de ne pas avoir détecté et signalé les contenus d’abus sexuels sur enfants (CSAM) stockés et partagés via son service de stockage cloud iCloud. L’action en justice a été intentée devant le tribunal de circuit du comté de Mason et vise des dommages-intérêts légaux et punitifs, ainsi que des ordonnances exigeant qu’Apple adopte des garanties plus efficaces.

 

 

Le procureur général de Virginie-Occidentale, JB McCuskey, a déclaré dans un communiqué qu’Apple avait sciemment permis que sa plateforme iCloud soit utilisée pour stocker et distribuer le CSAM. La plainte alligne que l’entreprise a à plusieurs reprises refusé de déployer les technologies de détection disponibles et n’a pas pris de mesures concrètes pour stopper la distribution de matériel illégal. La plainte affirme que l’approche d’Apple privilégiait la vie privée des utilisateurs au détriment de la sécurité des enfants et violait les obligations légales fédérales et étatiques.

Le dépôt juridique fait référence à des communications internes dans lesquelles un employé d’Apple aurait décrit la plateforme de l’entreprise comme un canal majeur pour la distribution de pornographie juvénile, selon la plainte de la Virginie-Occidentale. L’État a également cité des chiffres du National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC) montrant qu’Apple a signalé beaucoup moins de cas de CSAM aux autorités que certaines autres grandes entreprises technologiques ces dernières années.

La loi fédérale exige que les entreprises basées aux États-Unis signalent les CSAM détectés au NCMEC. La plainte de la Virginie-Occidentale indique qu’Apple a déposé 267 de tels rapports en 2023, contre des millions rapportés par d’autres grandes entreprises technologiques, et qu’Apple n’a pas mis en place d’outils standards de l’industrie qui auraient pu détecter davantage d’incidents de matériel abusif.

Apple avait auparavant envisagé de mettre en place un système propriétaire de détection CSAM, mais a abandonné ces plans après des critiques publiques et des préoccupations de groupes de défense des libertés civiles concernant une possible mauvaise utilisation des technologies de numérisation. L’entreprise a plutôt mis l’accent sur d’autres dispositifs de sécurité déployés sur ses produits, notamment des outils destinés à avertir ou protéger les utilisateurs lorsque des contenus sensibles sont détectés dans les communications.

Dans sa réponse à la plainte, Apple a nié les allégations selon lesquelles elle aurait facilité la diffusion de contenus abusifs et a réaffirmé son engagement envers la sécurité et la vie privée des utilisateurs. L’entreprise a mis en avant des fonctionnalités existantes visant à protéger les enfants, notamment des contrôles parentaux intégrés et des outils d’intervention sur le contenu.

Le procès en Virginie-Occidentale est l’un des nombreux défis juridiques et critiques publiques auxquels Apple a fait face concernant sa gestion du CSAM, y compris des litiges antérieurs intentés par des victimes d’exploitation. L’affaire actuelle soutient que les décisions de l’entreprise concernant les outils de détection et de signalement constituent des comportements illégaux et cherche à modifier la conception des systèmes Apple à l’avenir.