L’Italie se prépare à ouvrir son premier centre spécialisé dédié à la prévention de la dépendance numérique chez les enfants et les adolescents, choisissant une stratégie axée sur l’éducation et la prévention plutôt que de restreindre l’accès des jeunes aux réseaux sociaux. L’initiative débutera à Florence après l’été 2026 et fonctionnera initialement comme un programme pilote jusqu’à la fin de l’année.
Le projet, appelé Discover – Out of the Shell, a été créé par un accord signé le 21 juillet par l’Hôpital de Santa Nuova et plusieurs partenaires publics et communautaires. Selon les organisations concernées, le centre se concentrera sur la prévention de l’utilisation excessive ou malsaine des technologies numériques tout en encourageant les jeunes à développer des habitudes plus saines en ligne.
Plutôt que de considérer la technologie comme quelque chose à éviter totalement, l’initiative vise à promouvoir une utilisation responsable, consciente et créative des outils numériques. Les organisateurs affirment que le programme vise à aider les enfants et les adolescents à construire une relation équilibrée avec la technologie, plutôt que de s’appuyer sur des mesures restrictives.
Letizia Perini, conseillère aux politiques de la jeunesse à Florence, a déclaré que les technologies numériques sont devenues une partie intégrante de la vie quotidienne des jeunes générations et offrent d’importantes opportunités éducatives et sociales. Elle a indiqué que l’objectif est d’aider les jeunes à trouver un meilleur équilibre entre le temps passé en ligne et des activités telles que passer du temps en famille et entre amis, participer à des sports, participer à des événements culturels et partager des expériences au sein de leurs communautés.
Le programme pilote est prévu pour commencer après l’été et se poursuivre jusqu’en décembre 2026. Pendant cette période, les organisateurs prévoient d’évaluer le fonctionnement pratique de l’initiative avant de déterminer son développement futur.
Un élément clé du projet consiste à créer un réseau qui réunit des organisations déjà travaillant avec des enfants et des adolescents à travers Florence. Les écoles, centres jeunesse, clubs sportifs, bibliothèques, espaces civiques, établissements éducatifs et organisations communautaires sont censés participer, permettant ainsi aux efforts de prévention de s’étendre au-delà des établissements de santé pour atteindre les environnements quotidiens où les jeunes passent leur temps.
Les responsables affirment que ce modèle collaboratif vise à identifier rapidement les habitudes technologiques problématiques et à encourager des comportements numériques plus sains avant que des problèmes plus graves ne surviennent. En impliquant des éducateurs, des familles, des professionnels de santé et des organisations locales, le projet cherche à fournir un soutien constant plutôt que de dépendre d’une seule institution.
Valerio Mari, directeur d’ASL Toscana Centro, a déclaré que la coopération entre les organisations participantes sera au cœur du programme. Selon Mari, la coordination continue entre les services publics et les activités de prévention est plus efficace lorsque la responsabilité est partagée au sein de la communauté plutôt que de reposer uniquement sur les écoles ou les prestataires de soins.
Il a également souligné que l’initiative est fondée sur la prévention plutôt que sur les interdictions. Les organisateurs espèrent que l’éducation des jeunes sur des habitudes technologiques saines produira des résultats plus durables que de limiter simplement l’accès aux plateformes numériques.
Le projet Florence intervient alors que les gouvernements de plusieurs pays continuent de débattre de la manière de répondre aux préoccupations concernant l’utilisation excessive des réseaux sociaux chez les enfants et les adolescents. Alors que certains décideurs ont favorisé les restrictions d’âge et l’interdiction des plateformes, l’initiative pilote italienne se concentre sur l’éducation, la sensibilisation et le soutien communautaire.
France a récemment présenté une loi interdisant aux enfants de moins de 15 ans d’accéder aux principales plateformes de réseaux sociaux, notamment Instagram, Snapchat, TikTok et YouTube. Selon les nouvelles règles, les plateformes doivent mettre en place des systèmes de vérification de l’âge approuvés par le régulateur de la vie privée du pays avant d’autoriser l’accès aux utilisateurs plus jeunes.
L’Australie a adopté une approche similaire fin 2025 en introduisant des restrictions visant à limiter l’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs. Cependant, les critiques de la mesure ont soutenu que de nombreux adolescents continuaient à utiliser les réseaux sociaux malgré les nouvelles règles, soulevant des questions sur l’efficacité de l’application de telles interdictions.
L’initiative de Florence représente une stratégie différente en cherchant à réduire l’utilisation problématique des technologies par l’éducation, la prévention et l’implication communautaire, plutôt que de limiter l’accès aux services numériques. Le programme pilote devrait se poursuivre jusqu’en décembre 2026, lorsque les organisations participantes évalueront ses résultats et détermineront les prochaines étapes du projet.
